• écrire trop près de moi ne marche pas quand j'apprivoise des états comme ça

    je te donnerai un poème par jour pour le mois de mai

    je te l'ai promis

    je me le suis promis

    ils auront juste du retard

    j'ai beaucoup de chagrin dans mes jours

    il rend mes doigts engourdis et ma tête très lourde

    j'ai beaucoup de chagrin et des problèmes de kilomètres

    et les deux se mélangent

    parfois

     

    j'essaie de me concentrer sur de très petites choses

    t'écrire j'essaie de me concentrer sur t'écrire

    attends moi un peu

    j'arrive

    avec ma tristesse et mes chaussures délacées

    dans lesquelles je me prends les pieds


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  • et voilà j'étais pétrie de belles intentions
    pétrie de soutien je me flagellais de ne pas assez soutenir j'étais en train d'opérer ma transformation
    en pâte à câlin en pâte à bisous en fondations assez solides pour soutenir tous les types de naufrage
    en train j'étais en train de découper en tout petits bouts mes jugements de valeur qui n'ont pas lieu d'être
    de détricoter mes préjugés et mes idées bien-pensantes coupantes comme du verre

    et puis dans un couloir je les ai croisés
    évadés de la grande pièce au chevalier où vaillamment les autres se fracassaient contre la quantique
    je les ai croisés comme deux algues flottant au vent des amitiés amoureuses
    (j'ai deux amis qui sont aussi mes amoureux)

    depuis je suis un petit volcan volcan volcan de colère

    et je jette aux orties le bien-fondé de mes sentiments
    je n'ai pas de raison je n'en ai aucune et j'assume
    aucune aucune aucune mais je ne peux pas faire semblant pose ta main sur mon ventre sens comme il grogne et gronde
    je suis fâchée fâchée fâchée comme un tsunami vexé
    je suis vexée frustrée vexée

    je suis un petit volcan tremblant de colère et de colère et de colère


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  • sous mon spleen se dessinent des bêtes de foire, des entonnoirs, des épines adolescentes,
    une allure fringuante, un déguisement d'adulte, des boucles et des boucles de cheveux roux
    un peu rêches, un peu doux

    sous mon spleen se replient un teint blafard, deux amis chéris un mari trahi,
    une fête où les invités dansent seuls dans le jardin
    trois morceaux de rêves (il manque le quatrième)
    un chapeau pour sainte catherine et de la catharsis à n'en plus finir
    (j'ai besoin de l'entendre de ta voix de ta voix à toi)

    sous mon spleen se glissent entre deux veines violettes comme mes cheveux de rêve
    un grain de beauté sous le poignet droit et un grain de folie sous le sein gauche
    (de la colère que j'allonge dans les hautes herbes, l'espoir fou du compost rapide rapide)
    de la culpabilité (une vieille amie) et cette folle envie d'être aimée même en arrogante-distante


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  • je ne suis qu'un nuage déguisé en épithélium

    à trop pousser de travers je n'ai plus de colonne

    juste un lacet rouge qui me serpente entre les côtes

    je parle toujours trop de mes côtes

    mais c'est parce que toute la peau qui les recouvre m'épuise

    toute cette peau à la fois pour de vrai et un peu pour de faux

    je ne suis qu'un brouillard fragmenté d'un concept d'homme

    je ne suis même pas un homme

    même pas une brume


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