• "[...] Vous êtes si jeune, si antérieur à tout commencement, que j'aimerais vous prier, autant qu'il est en mon pouvoir, très cher Monsieur, d'avoir de la patience envers tout ce qu'il y a de non-résolu dans votre coeur et d'essayer d'aimer les questions elles-mêmes comme des chambres verrouillées, comme des livres écrits dans une langue très étrangère. Ne partez pas maintenant à la recherche de réponses qui ne peuvent pas vous être données parce que vous ne pourriez pas les vivre. Et ce dont il s'agit, c'est de tout vivre. Vivez maintenant les questions. Peut-être, alors, cette vie, peu à peu, un jour lointain, sans que vous le remarquiez, vous fera-t-elle entrer dans la réponse. [...]"

    Rainer Maria Rilke, lettre du 16 juillet 1903 à Franz Xaver Kappus


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  • quand la suisse te fait des bisous jusque dans le cou pour te faire oublier la grande porte des examens si durs, si durs qu'ils ont écrabouillé mon sourire entre quatre copies doubles quadrillées marge à gauche

    lucerne la belle bleue et berne la sans-poussière dans leurs bras m'ont bercée, dans leurs pavés m'ont engloutie et soudainement le visage dans leurs fontaines pour lutter contre la chaleur j'ai recommencé à respirer quatre jours après 

    la dent de jaman m'a caressée le bord des cuisses et c'est tout en haut si proche du vrai vide que j'ai compris que tant que je respire, tant que je respire tout est possible, peu importe les fins qui s'approchent et les livres que je termine


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  • alors que faire quand c'est dur dur dur

    et que le temps passe passe passe

    quand la salle aux fenêtres souterraines semble refermer ses dents de moquette sur mes pieds froids

    quand je soupire parce que le sel habituel, habituel, lassant et habituel s'en vient lécher mes doigts une énième fois

    que penser, dire, faire, dans ces journées là ?

     

    tu les connais, toi, ces petites discussions intérieures, impérieuses, mais clara, clara, pourquoi ça ne va pas

     

    juste le stress qui fait des bonds de rhinocéros acide sur ma colonne, qui tape tape tape mon plexus dès que deux minutes ont passé sans mouvement de la part de mon cerveau - à la première odeur d'angoisse, mon ventre joue à la pierre qui tombe et me crève les poumons, je peine à respirer à travers les larmes qui font gonfler ma poitrine et qui s'infiltrent jusque dans mes rêves et mes os

     

    tout m'est rugueux, inconfortable, tout m'est pénible et dur, cette salle qui n'est pas ma salle, ses bras qui ne sont pas là mais les amis stress-contagion qui eux par contre font légion, tous ces gens qui travaillent et travaillent comme si c'était faisable, possible, normal

      

    rien que d'y penser, rien qu'à chuchoter physique dans mon esprit j'ai la gorge qui se décroche et mes jambes se déroulent vite fuir fuir fuir fuir une salle close par pitié, vide par pitié je vais imploser en petits morceaux d'angoisse moche et sale je ne veux pas montrer ça, pas voir ça non plus mais comment faire pour se remettre à travailler sans avoir la panique qui grouille grouille grouille dans tout le corps


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  • mes jambes câblées au mur où le sommeil colle et recolle au crépi

    les cauchemars agrippés aux paupières

    des tresses de larmes accrochées à chacun de mes cil


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