• le big boss clame « notre culture de la sécurité »

    c’est cela crois-tu que nous garderons de nos jours ?

    « pour nous remobiliser » « il s’agit de reprendre confiance »

    « la sécurité n’est pas une option […] consubstantielle à notre action »

    je me pensais imperméable aux mots de bois des politiques – cela se confirme

     

    la grande chef nous explique qu’il faut « tenir la rampe » et se « garer en marche arrière »

    je découvre que je suis également fâchée contre les « managers », ce mot qui engloutit
    des hommes tièdes persuadés que leur titre travaillera à leur place

    elle dit « s’arrêter au moindre doute » mais alors comment fait-elle pour vivre ?

     

    penses-tu que son « globalement » répété jusqu’à la nausée agit pour elle
    comme une baguette magique contre ses mots faux et lourds ?


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  • la tulipe chuchote:

    quand les choses deviennent visibles

    c'est qu'elles ont commencé depuis longtemps -

    cela me pousse à me faire violence

    et me force à dire

     


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  • enfumés, enfermés,

    c'est toujours ta main qui berce mes côtes

    c'est toujours ton souffle qui recouvre le mien

    ton rire qui broie mes silences

     

    qu'elle est pesante cette valse lente

    des jours qu'on égrène et qu'on enfile

    les uns après les autres

    le long de nos longs colliers de rides

     

    pourtant je n'échangerais pas un matin

    pas un soir, pas une seconde pour une autre

    j'aime la torpeur de nos étreintes

    je me vautre dans l'impudeur de nos échanges

    qu'elle est lourde, cette valse lente,

    mais rien d'autre ne me donne autant

    si peu envie de quitter la terre


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  • pour la centième fois je comprends pourquoi les mots me filent entre les doigts

    pourquoi mes doigts et mes poèmes rouillent sous le temps qui roule

     

    c'est cette envie soudaine et nouvelle d'intimité

    le secret qu'il m'a planté dans la gorge un matin de septembre

    c'est mon non qui n'est jamais sorti

    et moi qui court en-dehors des frontières, par-delà les kilomètres

     

    c'est la vie qu'il faut enfin vivre et non plus raconter

    c'est la poésie que je vis avec une intensité folle depuis que je ne l'écris plus

    mes émotions si intenses que j'ai oublié comment les traduire sur du papier

    ce sont mille petits riens

     

    oh, je m'évade

    cela va faire deux ans

    que je ne suis qu'un fouillis errant

    que je me soustrais à tous les regards

     

    aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps

    je me suis sentie vaguement entière

    et très à l'étroit

    dans ma propre peau

     

     aujourd'hui, pour la première fois depuis longtemps

    j'ai senti que cela bougeait à l'intérieur

    enfin

    je suis en mouvement


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