• Morceaux de rêves

    Là, ce sont mes textes. Mes poèmes, mes (rares) nouvelles, mes pensées, mes petits bouts de moi.

    S'il te plaît, touche avec tes yeux.

    Ne prends pas ce qui ne t'appartient pas.

     

     

    Les textes qui ne sont pas de moi sont marqués entre guillemets, avec le nom de l'auteur quand je l'ai.
    Les sans-guillemets sont les miens.
     

     

  • quand la suisse te fait des bisous jusque dans le cou pour te faire oublier la grande porte des examens si durs, si durs qu'ils ont écrabouillé mon sourire entre quatre copies doubles quadrillées marge à gauche

    lucerne la belle bleue et berne la sans-poussière dans leurs bras m'ont bercée, dans leurs pavés m'ont engloutie et soudainement le visage dans leurs fontaines pour lutter contre la chaleur j'ai recommencé à respirer quatre jours après 

    la dent de jaman m'a caressée le bord des cuisses et c'est tout en haut si proche du vrai vide que j'ai compris que tant que je respire, tant que je respire tout est possible, peu importe les fins qui s'approchent et les livres que je termine


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  • alors que faire quand c'est dur dur dur

    et que le temps passe passe passe

    quand la salle aux fenêtres souterraines semble refermer ses dents de moquette sur mes pieds froids

    quand je soupire parce que le sel habituel, habituel, lassant et habituel s'en vient lécher mes doigts une énième fois

    que penser, dire, faire, dans ces journées là ?

     

    tu les connais, toi, ces petites discussions intérieures, impérieuses, mais clara, clara, pourquoi ça ne va pas

     

    juste le stress qui fait des bonds de rhinocéros acide sur ma colonne, qui tape tape tape mon plexus dès que deux minutes ont passé sans mouvement de la part de mon cerveau - à la première odeur d'angoisse, mon ventre joue à la pierre qui tombe et me crève les poumons, je peine à respirer à travers les larmes qui font gonfler ma poitrine et qui s'infiltrent jusque dans mes rêves et mes os

     

    tout m'est rugueux, inconfortable, tout m'est pénible et dur, cette salle qui n'est pas ma salle, ses bras qui ne sont pas là mais les amis stress-contagion qui eux par contre font légion, tous ces gens qui travaillent et travaillent comme si c'était faisable, possible, normal

      

    rien que d'y penser, rien qu'à chuchoter physique dans mon esprit j'ai la gorge qui se décroche et mes jambes se déroulent vite fuir fuir fuir fuir une salle close par pitié, vide par pitié je vais imploser en petits morceaux d'angoisse moche et sale je ne veux pas montrer ça, pas voir ça non plus mais comment faire pour se remettre à travailler sans avoir la panique qui grouille grouille grouille dans tout le corps


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  • mes jambes câblées au mur où le sommeil colle et recolle au crépi

    les cauchemars agrippés aux paupières

    des tresses de larmes accrochées à chacun de mes cil


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  •  

    de trampolines en filets élastiques tendus à travers la mer qui me faisaient rebondir par-dessus des murailles pourfendant l'eau, j'atterris en passant à travers un vitrail au milieu d'une bijouterie moyenâgeuse, mélange de musée et de boutique plongé dans une pénombre poussiéreuse aux allures de cathédrale. Aux porte-manteaux étaient pendus un océan de colliers et de bijoux, tous argentés ou recouverts de pierres bleues, s'adressant la parole les uns les autres, ravis que je vienne soulever d'un gramme la poussière de leur quotidien isolé dans leur château-mer. J'arrivais au moment précis où le chancelier déclarait le déménagement semestriel des bijoux d'été aux bijoux d'hiver, et où ces mille colliers bavards soulevaient leurs plastrons pour en retirer miettes de sommeil et d'oubli, avant d'échanger de place dans un tintamarre mélangé de tristesse de quitter les vieux amis et de joie à l'idée de bouger ses vieux maillons.


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