• je me rappelle de l'homme dentelle qui me fustigeait de ne plus écrire

    alors qu'il embrassait à pleine bouche sa nouvelle manie de se rendre invisible

    je lui demandais souvent

    je te dois ma vie griffée sur du papier tandis que tu choisis de ne plus vivre

    te rends-tu compte de l'ironie de la chose?

    il me disait mais bleuet tu as du talent tu te dois d'écrire

    - sauf que je ne le crois pas

    j'ai simplement appris à vivre comme dans un poème

    et depuis ce postulat les mots viennent de par eux-mêmes

    tâcher de leur lourdeur jusqu'à mes angoisses

    ne plus écrire est ma manière de ne plus vivre à moi

    et quelque fois je me fais la violence de revenir

    étrange dichotomie qui pourtant me pousse à grandir

     

    - à chaque fois tenter de rester plus ouverte encore au monde

     

    apprendre à s'écorcher-vivre


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  • tu ne sais pas toi

    que j'ai mis ma vie entière entre parenthèses

    que j'ai osé dire non, ça ne va pas

    mes études, ça ne va pas

    mes amis ça ne va pas

    qui je suis ça ne va pas

     

    sais-tu les tsunamis que cela soulève

    de décider d'une autre vie 

     

    je ne t'écris plus car cela fait longtemps que je ne suis plus moi-même

    que je me cherche parmi toutes mes transformations et mes mues

    que je me sens activement non-vraie envers la personne que je suis

    peut-être

     

    ma petite clara qui s'est toujours définie dans le regard des autres

    et qui soudainement a pris une grande rasade de solitude

    - il est simple de réapprendre à exister en solitaire

    la difficulté réside dans le fait de renouer avec l'extérieur

    avec l'autre

    tout en persistant à être celle qu'on était seule

     


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  • fleurs de coco sous la langue

    apaise, apaise-moi

    pour la première fois depuis si longtemps

    depuis quatre ans peut-être

    depuis plusieurs éternités certainement

    - pour la première fois depuis si longtemps

    j'ai su respirer en passant les gonds rouge sang

    en franchissant le seuil de la grande porte rouge

    en foulant la ligne de départ du décompte des jours sans oxygène

    j'ai avancé avec les poumons gonflés

    de bonne humeur

    et ouf

    ouf

    que cela fait du bien

    de prendre du plaisir à apprendre


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  • aujourd'hui les larmes amères qui tachent les mains -

    je suis rentrée sous la pluie elle avait une forme un peu de capuche

    je sentais les gouttes se glisser dans mon cou j'aurais peut-être du sourire

    mais le marteau dans le crâne le marteau dans le crâne

    verrouille les rhomboïdes 

    quand je suis rentrée paf paf les vêtements trempés au sol

    il faut s'extirper du froid petit lézard de pacotille

    me suis croisée dans un miroir

    me suis trouvée magnifique

    sursaut

    deuxième regard

    je me trouve magnifique

     

    mais quel plaisir, plaisir, plaisir

    quelle surprise

    quel bonheur

    après tant d'années à pleurer sur cette peau

    tant de haine et de rancoeur

    après tant d'aigreur

    quelle plaisir de se trouver belle

     dans ce monde où s'aimer

    est une insulte d'industriels 


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