• c'est fou finalement que toujours je revienne ici de mon plein gré

    dans le grand tri de ma vie j'ai retrouvé la première lettre de rupture qui m'était adressée

    oh, elle date, l'encre s'affadit

    et pourtant, je me suis rendue compte que je ne l'avais jamais lue

    jusqu'au bout

    mon corps de petite fille a tout nié en bloc

    jusqu'aux mots

    que j'ai refusé de voir

    je n'étais pas une petite fille j'avais juste les paupières closes

    et pas la moindre idée de comment les ouvrir

    je ne savais même pas que je marchais à son bras les yeux fermés

    fermés noir

    j'ai relu ma toute première lettre de rupture

    et c'était peut-être la plus belle

    et j'ai pensé

    quelle belle chose que d'avoir croisé ce nageur

    quelle belle chose que d'avoir navigué un bout de vie avec lui

    et quelle belle chose aujourd'hui que d'arriver à le penser et à me le dire

    je grandis

    ça n'en a pas le goût, ni l'odeur ni la forme

    mais je grandis

    quand je me retourne sur mes vieux amours

    je peux le voir

    je peux me voir

    obtuse et silencieuse

    désireuse à n'en savoir que faire

    et je peux toucher du bout des doigts

    le mince lacet qui me sert de chemin

    je ne suis plus à la même place

    je grandis

    dans la douleur et dans l'euphorie

    chaque émotion un tsunami

    une larme à la fois

    (parfois deux d'un coup, mais je suis une lacrymale facile)

    une larme à la fois, un espoir après l'autre


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    l'étiquette du monde me gratte la nuque je ne suis pas sûre d'avoir fait les bons choix pourquoi je m'entête dans mes fantasmes pourquoi je clos mes phrases de manière si cassante pourquoi je coupe la boucle (peut-être parce que dans la ronde je ne vois que des dos j'ai l'impression de ne plus parler qu'à des murs froids si froids) pourtant ils sont là ils sont tous là ils m'appellent le coeur me laissent des messages accrochés à mes pas ils cherchent à savoir le pourquoi du comment de la séparation soudaine ils sont tous là je te dis tous là je te dis c'est juste moi qui suis en colère en colère contre le monde je voudrais les piquer tous avec de petites phrases piquantes je ne sais pas quoi faire je ne sais plus quoi faire


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    je suis fâchée fâchée fâchée comme un petit volcan domestique tu vois je me balade surexcitée dans ma journée je marche sur les heures en prenant toute la place je fais rire je prends les yeux de tous pour les tourner sur moi je fais le pitre le clown la folle j'amuse la galerie je fais mon numéro et ça marche parce que j'ai la joie de vivre en intraveineuse elle coule de mes dents de mes pointes de cheveux de mes cils de sable j'ai la joie de vivre intrinsèquement cousue à mon corps et ça se voit mais dès qu'ils s'approchent j'explose mon volcan apprivoisé reprend ses droits dès qu'ils s'approchent le super-héros et la confidence dès qu'ils commencent à tourner autour de moi pour savoir comment je vais pour engager la conversation de manière très polie très gentille je rugis je croque à pleines dents dans le tissu de la conversation à peine tissé je mords partout c'est la colère qui ressort c'est la colère colère colère que je ne sais pas gérer et dont je ne connais pas la provenance c'est la colère et la frustration qui parlent à ma place et je ne sais pas s'il faut être douce avec moi-même ou s'il faudrait que je m'attache et que je me calme c'est vrai quoi ils ne m'ont rien fait ils m'aiment sûrement toujours ils s'éloignent juste pour discuter ensemble c'est tout il n'y a rien de grave tout va bien alors pourquoi cette colère?? d'où vient elle??


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  • la liste des petits bonheurs:

    la marmotte qui dort sur mon drap comme une bouillotte domestique

    claude et les quarante-quatre salutations hebdomadaires à la fissure

    mon destrier mécanique à la chaîne huilée et aux mollets apprivoisés

    la douceur du sommeil

    les poèmes qui se tissent avec d'autres (qui se teintent d'ailleurs)

    les wagons de couleur qu'on empile joyeusement pendant une heure

    les mots doux glissés aux plantes nouvellement accueillies

    faire glisser le sable dans les espaces entre les pavés les pieds nus

    marcher dans la forêt avec l'excitation au bout de la laisse

    la douceur de la fuite


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