• alors c'est ça le bruit des rêves qui s'écroulent?

     

    l'ami bleu gyrophare et le garçon myosotis qui se prennent la vie dans les dents

    à toute vitesse

    à full berzingue

    cette vie qui leur arrache la peau du coeur avec les ongles

    qui écrase leurs rêves entre ses doigts

    qui ne laisse derrière elle qu'un petit tas de poussière et une infinité de regrets

     

    alors c'est ça le bruit que font les utopies qui agonisent ?

     

    mes deux amis qui sont plus que mon sang

    pour qui j'ai tant donné, et donnerai tant encore

    mes deux amis aux bras si doux

    à la présence si précieuse

    aux épaules encore tâchées de mes larmes

     

    et moi, moi qui suis si loin d'eux

    qui apprivoise d'autres frontières

    qui plante ses racines à des kilomètres de ma vie

    je ne peux qu'assister, lointaine, inexistante,

    au fracas de leurs deux réalités qui éclatent

     

    ami bleu

    myosotis

    je vous aime

    si fort

    mais j'habite

    si loin


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  • je déménage

    je déménage et j'emmène avec moi

    mes racines

     

    c'est si effrayant

    il faut se faire confiance d'une puissance

    cette sensation de se jeter dans le vide chaque jour

    il faut tant se faire confiance

    et croire, croire si fort

    que l'on se suffira à soi-même

    une fois seule

    de l'autre côté de la frontière


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  • il te faudra rester à mes côtés si tu veux me lire encore

    rester le long de mes côtes et subir la longue rengaine

    - litanie de mes cicatrices encore ouvertes

    jamais recousues

    suantes du pus des affaires vieillissantes -

     

    c'est comme un caillot d'encre et de sang

    le grand secret et la grande déchirure

    - mes deux grands silences -

     

    à nous de se faufiler entre les lignes

    pour émietter sans être vus

    les premiers mots d'une vie tout autre

    loin des liens qui nous unissent 

     

    qu'il est long le lent tissage

    d'une liaison avec l'absence

     


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  • il faudra souvent se dire

     

    je ne demande pas la permission

    à personne d'autre que moi-même

     

    la flamme qui à chaque fois m'étreint

    trop peu souvent m'embrase suffisamment

    pour me décider à tout brûler, enfin

     

    de mes deux mains percer leur empreinte sur ma poitrine

    il faudra que mon corps tout entier tienne dans leur étreinte

    deux mains, c'est tout ce que j'ai à m'offrir

    c'est quelque part tout ce dont j'ai besoin

     

    je me surprends souvent à souffler sur les braises

    on dirait que j'essaye de gober l'espoir à même l'âtre

    cela fait longtemps que j'ai les dents tâchées de cendre

     

    qu'il est long le temps nécessaire

    à détacher une à une toutes les mains que tu m'as cousues au corps

    aujourd'hui j'apprend la violence

    de n'exister que pour soi-même

     

    il faudra souvent se dire

    je ne demande pas la permission


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