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    je suis fâchée fâchée fâchée comme un petit volcan domestique tu vois je me balade surexcitée dans ma journée je marche sur les heures en prenant toute la place je fais rire je prends les yeux de tous pour les tourner sur moi je fais le pitre le clown la folle j'amuse la galerie je fais mon numéro et ça marche parce que j'ai la joie de vivre en intraveineuse elle coule de mes dents de mes pointes de cheveux de mes cils de sable j'ai la joie de vivre intrinsèquement cousue à mon corps et ça se voit mais dès qu'ils s'approchent j'explose mon volcan apprivoisé reprend ses droits dès qu'ils s'approchent le super-héros et la confidence dès qu'ils commencent à tourner autour de moi pour savoir comment je vais pour engager la conversation de manière très polie très gentille je rugis je croque à pleines dents dans le tissu de la conversation à peine tissé je mords partout c'est la colère qui ressort c'est la colère colère colère que je ne sais pas gérer et dont je ne connais pas la provenance c'est la colère et la frustration qui parlent à ma place et je ne sais pas s'il faut être douce avec moi-même ou s'il faudrait que je m'attache et que je me calme c'est vrai quoi ils ne m'ont rien fait ils m'aiment sûrement toujours ils s'éloignent juste pour discuter ensemble c'est tout il n'y a rien de grave tout va bien alors pourquoi cette colère?? d'où vient elle??


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  • la liste des petits bonheurs:

    la marmotte qui dort sur mon drap comme une bouillotte domestique

    claude et les quarante-quatre salutations hebdomadaires à la fissure

    mon destrier mécanique à la chaîne huilée et aux mollets apprivoisés

    la douceur du sommeil

    les poèmes qui se tissent avec d'autres (qui se teintent d'ailleurs)

    les wagons de couleur qu'on empile joyeusement pendant une heure

    les mots doux glissés aux plantes nouvellement accueillies

    faire glisser le sable dans les espaces entre les pavés les pieds nus

    marcher dans la forêt avec l'excitation au bout de la laisse

    la douceur de la fuite


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  • j'ai la communication compliquée par les angoisses

    une boule d'aiguilles en travers de l'oesophage

    des oursins domestiques glissés entre les côtes

    tenir debout est une épreuve

    vivre est une victoire


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  • au bout de combien de cerises

    cette maison-là ne sera plus la mienne

    tu sais?

     

    il est arrivé aujourd'hui

    (dans cette journée sensible d'absence, d'effacement du monde)

    que je me retrouve

    la fenêtre ouverte

    les cheveux au vent

    enveloppée dans les bras de la carcasse métallique

    à passer devant ces champs si familiers

    aux coquelicots placés ça et là, depuis toujours.

     

    j'étais perdue dans mes pensées amères-douces

    pendant que mon corps déjà se projetait au prochain virage

    que nous n'avons pas pris

     

    la soudaine réalisation

    j'ai posé un pied en-dehors de mes pensées

    pour me rendre compte que nous n'allions pas

    rentrer

    puisque la maison jaune

    n'est plus la nôtre

     

    d'autres vivent en son ventre

    d'autres habitent en son sein

    d'autres que moi, qui n'y vit plus

    depuis au moins mille années

     

    au bout de

    combien de cerises

    cette maison-là

    ne sera

    plus la mienne

    tu sais?


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