• La lumière éteinte

    On croit savoir articuler,

    pourtant,

    tu me lances

    souvent

    des phrases machouillées qui me collent au visage,

    des idées pas trop pensées qui peinent à germer;

    tu me postillonnes

    dessus,

    avec ton air très grave,

    très amoureux,

    la tendresse que je ne sais épeler

    (coffre-fort immature dont j'ai perdu les clés).

     

    On se vide les doigts,

    clopin-clopant,

    (souvent)

    c'est que je croyais savoir articuler

    tu vois

    j'entends

    mais toi tu ne m'entends pas

    - je ne te vois plus

    (ou si peu, tu vois ?)

     

    J'ai perdu la clarté

    avec les mots souterrains

    (l'amoureuse transparente aux mots obscurs

    ternit toujours certains lendemains).

    J'ai perdu la clarté, mon dentier,

    mes pensées mal finies aux entournures chiffonnées,

    tout se mélange, dilettante affamée,

    je dévore ton corps sans pouvoir l'expliquer,

    et je ne suis pas claire, je sais !

     

    Claire Clara, la lumière éteinte,

    l'amoureuse invisible aux phrases emmêlées,

    au corps de poupée russe, aux poèmes crochetés,

    Clara la lumière aux pensées cornées,

    tout s'enfume, s'emmêle, pêle-mêle;

    pourtant,

    souvent,

    tu sais,

    toi,

    décoder

    les mimosas obscurs de mes nuits éclatées.

     

    « La vérité sur l'affaire Harry QuebertHunger of the pine »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 8 Mai 2016 à 19:04
    la Clara bleue

    Je me perds ici (et c'est un bel endroit pour se perdre).

    2
    Lundi 9 Mai 2016 à 14:49

    Perds-toi seulement, si tu veux, je peux même te faire visiter mon désordre, mon joli bordel, on se perdra à deux !
    Il y a beaucoup de poussière par ici, beaucoup d'évolution, parfois c'est joli, parfois non ;)

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