• (jour 16)

    fleur

    j’ai ce souvenir orange qui me démange quand je pense à. à. il y a ce souvenir orange et soudainement ta main glissée entre mes cuisses nos corps qui se pressent si fort, si fort et les cailloux au souffle court les arbres spectateurs réprobateurs et là.
    le jardin botanique comme une invitation à l’amour. une parenthèse entre deux branches, un instant, deux soupirs et nos coeurs qui s’entremêlent inspirés par les racines partout alentour. dans un rire échapper aux regards et jouir à la vue de tous. dans un souvenir ranger ton orgasme-fleur et nos désirs d’enfants.


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  • (jour 15)

    flamboyant

    QUE FAIRE SI JE NE VEUX PAS FLAMBOYER ? MES MUSCLES TREMBLENT ALORS QUE LE MONDE COURT SI VITE, SI VITE. SI JE NE VEUX PAS BRILLER, PAS CRIER, SI JOUER À FAIRE TAPISSERIE ME SUFFIT ? QUE FAIRE SI JE VEUX DAMNER MES CORDES VOCALES À SE COUVRIR DE POUSSIÈRE, SI MA VOIX PRÉFÈRE LE GOÛT DU SILENCE ET L’ÉCHO DES ABSENTS ? JE SUIS LA FEMME PASTELLE, DEMI-TEINTE, JE M’ÉTEINS ET M’ÉTREINS SANS LUMIÈRE, POURQUOI SE MÉPRENDRE ?
    POURQUOI SE MÉPRENDRE?
    FEMME PASTELLE JE ME RÉDUIS DE BRUITS MAIS ME DISPENSE DE SILENCES : AVEC MON CORPS JE BRISE LES SONS ET LES CONVENANCES ET PUIS LA NUIT. FEMME PASTELLE JE ME DEVINE DANS LES CREUX ET LES BOSSES DE TON CORPS MOU; LA NUIT UNE ÉTINCELLE MON CORPS UN BRASIER JE N’OSE PLUS ME RÊVER QUAND LE SOLEIL EST TOMBÉ.


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  • (jour 14)

    dans ma mémoire elle était bleue

    BLEUS tes yeux minuit sur la montre le ciel NOIR comme à chaque fois qu’il est minuit un jour aurais-je le droit à un minuit d’une autre COULEUR ? BLEUS mes BLEUS qui me croquent les jambes à coup de vélo ah bon ton vélo te frappe ? ça c’est éBLEUissant dis voir eh oui plein les jambes des petits ronds un peu GRIS mais ce sont de vrais beaux BLEUS et puis le plus gros sur la cuisse celui qui a tourné un peu JAUNE celui juste au dessus du tout tout petit BLEU que tes doigts ont laissé quand tu as serré mes cuisses pendant notre nuit BLANCHE.
    BLEUS tes yeux minuit sur la montre un jour ou l’autre il faudra bien arrêter le temps qui s’asphyxie à me courir après debout sur mon vélo j’ai du BLEU sous les yeux et du BLEU sur les paupières et du BLEU même dans mes pupilles pour les accorder aux tiennes mes yeux sont BLEUS de partout, dessus dessous dedans, même mon carnet est BLEU pour se glisser dans tes mains BLEUES

    […]

    bleu comme il était une fois l’orgasme bleu glissé cousu sous nos paupières tes mains comme un tout sur moi et nos corps qui dansent la salsa de la nuit douce de la nuit bleue nos corps qui dansent en amoureux dehors derrière les vitres les fenêtres et les armures je ne sais plus s’il gèle ou s’il canicule tant que tes mains pressent les miennes tant que ton corps serre le mien sait le mien dehors n’existe plus quand la nuit danse la salsa sur nos corps bleus de s’aimer comme des bleus notre amour à personne je ne sais plus quelle heure il était avant l’heure d’après je sais juste le goût de ton goût de ta peau bleue emballée par la nuit se disputer au noir pour garder tes yeux brodés aux miens je sais juste tes mains plus douces que toutes les autres ton corps ma maison et ta tendresse en intraveineuse tu me donnes la parole tu me donnes ton amour ta confiance tes mots tes bleus tu me donnes tout et je ne sais tu me donnes tout quelle que soit la nuit tu me donnes tout tout entier l’orgasme bleu soufflé à l’oreille dont l’écho encore pend à mes paupières dériver dans la nuit soudainement bleue -il me sera donné d’avoir connu un minuit où il ne faisait pas noir- accrochée à ton corps par mon corps et dans mon oreille ton souffle tu me donnes tout dans la nuit bleue
    dans ma mémoire il reste la respiration d’une très grande tendresse


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  • (jour 13)

    Il est si peu sage d’écrire, parsemer de mots toutes ces pages qui ne seront jamais relues. Confier au papier silencieux ces doutes et ces pensées qui n’en sortiront jamais. Passer des heures dans l’inertie des carnets à pousser à chaque phrase le point un peu plus loin. Quel goût ont les fins ? l’encre me demande, elle que je ne cesse de répandre sur des nuits blanches qui s’étiolent. Pourquoi s’acharner à vouloir capturer entre les pages enfin le parfum d’un bon poème ? Pourquoi ce stylo dressé comme un majeur au visage du temps qui passe ? Retrouver ses mots d’ados, et soudainement se sentir partir, submergée par des émotions depuis longtemps oubliées, rangées, stockées précieusement dans leur tiroir de papier, inchangées. Du souvenir en petit morceaux chronologiques, chaque éclat comme une aiguille sous les ongles.

    Il est si peu sage d’écrire. À quoi bon lutter contre l’oubli final et inexorable ? On est beaux, calfeutrés dans nos armures de papier qui finiront par pourrir sans états d’âme; nos mots de toujours cousus sur le front comme amer bouclier contre les rides. Aura-t-on seulement envie de se souvenir ? Se relira-t-on un jour ? Qui nous relira ? Quelles émotions seront restées tissées dans le papier ? Pourrait-on, au hasard d’une relecture lointaine qui éveillerait des sentiments identiques, mettre les doigts sur les noeuds du monde ? Ressentir ensemble dans nos mille vies disparates le même frisson, le même désir, la même angoisse ? Existe-t-il un dénominateur commun au monde ? Le capturer, le ligoter entre deux lignes, ne serait-ce pas la profonde volonté de l’écriture ?

    Il est si peu sage d’écrire, tellement vain de retourner incessamment à la ligne poussés par la peur d’oublier. S’enfoncer les mots dans la gorge comme auparavant les kilomètres pour ne jamais faire le retour vendu avec l’aller : pourquoi se relire ? Revivre des sentiments périmés; glissés entre deux pages sans mérite autre que de toujours exister malgré le temps écoulé.


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