• Ouragan, Laurent Gaudé

     

    "[...] Alors il parle, sans bouger, toujours assis au pied du mur en face d'elle. Il dit que sa vie n'est rien, que, certains matins, il se sait mort, il dit qu'il a perdu sa vie, quelque part durant ces six années et qu'il ne sait plus ni où ni comment, peut-être était-ce dès le soir de son départ, peut-être plus tard, dans l'odeur écoeurante du pétrole. Il dit qu'il est loin de lui-même, qu'il n'arrive plus à être avec les choses. Il lui parle de cette fatigue, de ce sentiment tenace d'inutilité qui ne le laisse plus en paix. Tout est lourd et vain et il voit une longue vie laborieuse s'étendre devant lui. Il dit, avec une voix rauque et franche, qu'il a tout raté. Il ne le dit pas pour se plaindre mais parce que c'est vrai. Ou plutôt rien n'a réellement commencé."

    p. 81

    ~

    Ouragan, Laurent Gaudé

     

    (Adieu et à demain)

    ~

    "Elle est belle, infiniment belle de ses rides naissant au coin des yeux, du combat que se livrent sur son visage la jeunesse et l'usure. Elle est belle, pleine de force et lézardée de doutes."
    p. 85

    Laurent Gaudé, Ouragan

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