• (jour 6)

    (jour 6)

    La force qu’il faut pour se relever

    Je ne voulais pas aller à Los Angeles. Même maintenant, alors que j’y suis, que j’ai découvert la maison-bobo aux planches de surf, même après avoir pour la toute première fois vu l’océan, je ne suis pas sûre de vouloir y être. Je m’attriste d’avoir troqué la Death Valley et le Yosemite contre deux jours de plage dans une banlieue résidentielle de 100 kilomètres de long, où tout est construit partout pareil. J’étais la seule à avoir coché la case nature, tout le monde préférait du repos : nous voilà à Los Angeles dans une maison de poupée cassée qui sent l’océan.
    J’aimerais faire contre mauvaise fortune bon coeur car il n’y a pas de mauvaise fortune, juste mon entêtement à ne pas vouloir me réjouir de ces deux jours de pause dans un cadre plus qu’agréable qu’on me tend sur un plateau. Je me sens coupable d’être déçue de cette étape alors que le voyage en lui-même est à couper le souffle (Ô). Je ne me sens pas le droit d’être mécontente alors qu’on a démocratiquement tous exposé notre point de vue.
    Et pourtant, malgré tous mes bons sentiments et mes petits apitoiements sur mon nombril, je n’ai pas la force d’être heureuse - ou d’avoir suffisamment l’air de l’être pour échapper au sondage incessant sur la qualité du voyage auquel on nous soumet quasi quotidiennement. Je n’ai pas la force de pousser mon ressentiment de côté alors que j’en ai l’envie - et pour moi, et pour eux. Je me console en me trouvant pour excuses la chaleur étouffante, la fatigue et le fait de partager l’intégralité de mon quotidien avec les quatre mêmes personnes depuis dix jours.

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