• Jour 33

    "Lost in translation : adapte un poème, une pièce de théâtre ou une bande dessinée en une petite nouvelle."

    Lost in translation, des mots étrangers qui m'évoquent en aquarelle ces triangles qui voulaient se défaire de leurs géocalisations métriques immuables. Traits tirés droits sur papier froissé et quadrillé par des rois de l'algèbre funèbre. Leurs angles angoissés sont engoncés dans les lemmes imparfaits de la quantique du vide. Ils ne peuvent se mouvoir !

    Coincés qu'ils sont entre les mines de crayons pluie et la feuille énervée, la révolution se fait retarder ! Nul espoir d'échappatoire entre les sombres coins de la feuille tachée de graphite et de carbones en fuite. Pagaille sur l'analyse désuète des jours de disette !

    Les triangles en cavale froissent chaque hectare de papier qu'ils foulent langoureusement aux pieds; même les patrons se tirent, le point final se démène, la résolution est loin d'être le bon filon. Qu'importe, aujourd'hui la géométrie tremblote un peu, barbouille un peu, bavouse un peu, les droites ne seront pas droites, tant pis, les points ne seront plus points, et alors, même les arcs de cercle envisagent sérieusement de se mettre à rogner l'infini qui déborde d'entre leurs joints, c'est peu félin; c'est alors que les triangles en escale sur la grande copie se tranchent grands seigneurs et pavanent, royaux et cocasses, sur les lignes tendues entre deux arcades sourcilières soutenues par des crochets de fer.

    Lost in translation, des lettres étranges qui courent sous mes yeux en soulevant une grande bouffée de poussière et de graphite odeur d'ester.

    ~

    Jour 33

    « Jour 32 - Comment tombe-t-on amoureux ?Jour 34 - Quel est le trésor le plus précieux que l’on puisse avoir ? »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :