• (jour 2)

    (jour 2)

    La pizzeria, tête-à-tête avec l'autoroute, petit box en bois, ma famille dedans. L'orange-taciturne et le chardon-adouci, le poète-sédentaire et la dure-amour, mes quatre toujours immuables en face-à-face par-dessus la table. La pizza familiale commandée et les breadsticks arrivent : regards de consternation, éclat de petit rire, plus éclosion d'une baleine, le fou rire en floraison-cachalot. Oh, on est misérables face à cette pizza dont personne ne veut, au milieu de ces touristes dont on voudrait ne pas faire partie, avec de l'autre côté de la nationale ce bungalow en plastique qui nous attend patiemment. Oh, on est misérables à détricoter nos itinéraires pour y rentrer plus de sédentaire, plus de plages, moins de routes qui nous coupent tout le jour. Mais dans ce fou rire né de la réunion de notre épuisement et de notre complicité, le temps est doux, et les touristes sont loin. Oh, bienveillante misère, si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer.

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