• (jour 18)

    (jour 18)

    nuits d’insomnie

    dans la nuit douce dans la nuit folle lacs bleus sous nos paupières j’écoute mais sans rien dire, sans rien dire je ne dis rien de peur de rompre le beau tissu de la parole sincère qui se tisse entre mes adultes qui m’entraînent à grandir.
    dans la nuit des fous la nuit des bleus je joue au silence, j’écris en transparence du dialogue pour l’écouter sans rien dire, j’entends mes adultes et leurs doutes, et ils se disent je mûris tu sais j’ai peur pour tout mais la peur fait partie du système on n’a plus 20 ans les autres marchent je suis furieuse il était acteur de son accident elle leur en voulait pour leurs jupes et moi je me suis glissée dans la pénombre me faire un creux entre deux phrases, je les attrape je les accorde je les accroche je les détends et les relis et voir mes adultes réfléchir me repose et je me dis ah bon et donc on réfléchit comme ça tout sa vie - et ils parlent à voix haute et ils se laissent écouter apprivoiser - coincée entre deux sujets, semi-adulte transparente j’écoute et j’apprends tout de leurs doutes, de leurs questions ah bon c’était donc vrai que vous ne saviez pas tout ? mes illusions de petites fille deviennent des rêves et je rêve à voix invisible de ces réflexions éternelles qui toujours te remuent, toi ou les autres, la parole comme un couteau contre coquelicot - et doucement comme la nuit s’achève la parole se tarit, et j’ai soif, soif encore de ces discussions en spectatrice où je mûris en décalé, en presque pas vrai, où je grandis sans parler dans nos nuits d’insomnies.

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