• bonjour tristesse

    dis, m'en veux-tu de ne plus écrire?

     

    de n'écrire que pour moi, en égoïste et en solitaire,

    de n'écrire que sur les rebords des fontaines, dans des cafés gercés où le vent fait siffler les pages des livres,

    de n'écrire que dans les recoins du monde, rouler mes mots dans la poussière

    pour ne plus distinguer l'encre du gris des pavés

     

    dis, m'en veux-tu de ne plus écrire?

     

    de ne garder que pour moi mes mille intimités volées,

    mon réel tordu où je cache ces souvenirs qui appartiennent à d'autres

    - mais que je garde tout contre mon ventre, là où le désir pulse encore et en corps

     

    dis, m'en veux-tu de ne plus t'écrire?

     

    de ne souffler qu'au vent des nuits mes secrets effilochés, d'ouvrir ma peau seulement le noir tombé, le monde vidé;

    m'en veux-tu de danser autour de toi invisible, en amante aux mots flous, fous peut-être mais insaisissables surtout,

    m'en veux-tu de ne t'offrir que ma transparence comme seule étreinte, un creux à l'odeur de madeleine

    qui se ferait une place parmi tes jours

     

    sais-tu seulement le nombre de lettres qui portent ton nom au front

    - toutes ces pages qui portent seules le poids de mes mots mille fois répétés, répétés, répétés

    sur lesquelles tu tournes et tournes dans le carrousel de mes fantasmes

    sais-tu seulement toutes ces lettres

    sais-tu seulement toutes ces lettres

    j'écris sur toi depuis mille et pour mille ans

    mais je ne te fais plus lire

    « Au revoir mon amourles yeux des autres »

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