• Les bras d'une mère

    pour toujours enlaçant votre coeur

    berçant vos rêves et vos erreurs

    noyant le doute dans l'amour confidentiel et 

    immensément-ciel

     

    Les mains d'une mère

    pour toujours apaisant vos visages

    accusant vos cauchemars et vos ravages

    chaudes et tendres

    aimantes comme au premier jour

    jusqu'au dernier jour

     

    Le sourire d'une mère

    ses je t'aime plus grand encore

    son don d'amour sans condition

    d'aimer vous, l'enfant-passion-déraison;

     

    Le plus précieux

    c'est ce refuge immuable

    où elle vous cache depuis toujours et pour toujours

    entre sa poitrine, ses mains fermes-douces et son amour.


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  • "Lost in translation : adapte un poème, une pièce de théâtre ou une bande dessinée en une petite nouvelle."

    Lost in translation, des mots étrangers qui m'évoquent en aquarelle ces triangles qui voulaient se défaire de leurs géocalisations métriques immuables. Traits tirés droits sur papier froissé et quadrillé par des rois de l'algèbre funèbre. Leurs angles angoissés sont engoncés dans les lemmes imparfaits de la quantique du vide. Ils ne peuvent se mouvoir !

    Coincés qu'ils sont entre les mines de crayons pluie et la feuille énervée, la révolution se fait retarder ! Nul espoir d'échappatoire entre les sombres coins de la feuille tachée de graphite et de carbones en fuite. Pagaille sur l'analyse désuète des jours de disette !

    Les triangles en cavale froissent chaque hectare de papier qu'ils foulent langoureusement aux pieds; même les patrons se tirent, le point final se démène, la résolution est loin d'être le bon filon. Qu'importe, aujourd'hui la géométrie tremblote un peu, barbouille un peu, bavouse un peu, les droites ne seront pas droites, tant pis, les points ne seront plus points, et alors, même les arcs de cercle envisagent sérieusement de se mettre à rogner l'infini qui déborde d'entre leurs joints, c'est peu félin; c'est alors que les triangles en escale sur la grande copie se tranchent grands seigneurs et pavanent, royaux et cocasses, sur les lignes tendues entre deux arcades sourcilières soutenues par des crochets de fer.

    Lost in translation, des lettres étranges qui courent sous mes yeux en soulevant une grande bouffée de poussière et de graphite odeur d'ester.

    ~

    Jour 33


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  • Saisir à bras le corps son odeur au milieu d'un très grand boulevard

    alors la kidnapper

    enchaîner ses doigts de satin-parfum à votre cou docile

    gracile, monter les escaliers en croquant les marches trois par trois

    faire cliqueter dans un mouchoir de poche les chaînes de l'odeur affolée, pour un effet comico-dramatique des plus pratiques

    chevaucher le métro jusqu'au sommier ensommeillé qui vous a volé tant d'amants dans le passé

    achever le périple entre vos draps couverts d'herbes et de livres à prêter et de coeurs à rendre

    y glisser le trésor, l'opium de l'homme qui vous hante

    y dormir au bas mot quatre cents pochons et deux rivières

     

    - pour un effet plus spectaculaire

    revenir fourrer son nez dans le lit contaminé au minimum douze fois par journée (toujours avant les repas, et parfois après)

    ~

    Jour 32 - Comment tombe-t-on amoureux ?


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  • "Même quand l'oiseau marche on sent qu'il a des ailes."

    Et lorsque l'oiseau est parti, que peut-on en dire ? Lorsqu'il a quitté le nid, quand on ne distingue plus dans la poussière de sa chambre aucune trace de passage, quand les kilomètres le dissimulent sous des arrêtes sinueuses, que dire des ailes de l'oiseau effacé ? Sont-elles toujours confortables, sont-elles toujours grandes ouvertes ? Que dire de l'inconnu en voiture qui ne se dessine plus sous mes fenêtres ?

    L'oiseau sous la tempête reste-il duvet ou vire-t-il crocodile ? Le volatile orageux se décline-t-il donc en version hydrophobe ? Quid des éclairs ? Sont-ils absorbables ? Sont-ils abordables ? Sont-ils adorables et leur mauvaise réputation due à une bande de mauvais joueurs avec du temps à perdre et des crédules à apprivoiser ?

    Et lorsque l'oiseau danse ? Ses ailes traînent-elles sur le sol collant d'alcool et de résine pour y laisser de grandes traînées d'aventures ? Et lorsque l'oiseau dort, sont-elles repliées en origami improvisé dans son dos immense ? Sont-elles à ma taille ? Sont-elles à mes mains ? À mon goût ? Et quand l'oiseau fait l'amour, quid des ailes trop lourdes, discordantes, sont-elles enveloppantes, sont-elles chantantes quand la jouissance le quitte, bruissent-elles de toutes les nuances des plis de draps et de corps toute la nuit durant, quid des ailes de crépon et de décor quand l'oiseau dessine l'amour dans le creux de mes reins et lorsque l'oiseau doucement dans mes bras s'endort ?

    Dans l'orage qui crépite, que dire des plumes mocha du cerf-volant amoureux ? Sont-elles toujours là ? L'ont-elles seulement été ?

     (Citation : A. Lemierre)


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