• c'est fou finalement que toujours je revienne ici de mon plein gré

    dans le grand tri de ma vie j'ai retrouvé la première lettre de rupture qui m'était adressée

    oh, elle date, l'encre s'affadit

    et pourtant, je me suis rendue compte que je ne l'avais jamais lue

    jusqu'au bout

    mon corps de petite fille a tout nié en bloc

    jusqu'aux mots

    que j'ai refusé de voir

    je n'étais pas une petite fille j'avais juste les paupières closes

    et pas la moindre idée de comment les ouvrir

    je ne savais même pas que je marchais à son bras les yeux fermés

    fermés noir

    j'ai relu ma toute première lettre de rupture

    et c'était peut-être la plus belle

    et j'ai pensé

    quelle belle chose que d'avoir croisé ce nageur

    quelle belle chose que d'avoir navigué un bout de vie avec lui

    et quelle belle chose aujourd'hui que d'arriver à le penser et à me le dire

    je grandis

    ça n'en a pas le goût, ni l'odeur ni la forme

    mais je grandis

    quand je me retourne sur mes vieux amours

    je peux le voir

    je peux me voir

    obtuse et silencieuse

    désireuse à n'en savoir que faire

    et je peux toucher du bout des doigts

    le mince lacet qui me sert de chemin

    je ne suis plus à la même place

    je grandis

    dans la douleur et dans l'euphorie

    chaque émotion un tsunami

    une larme à la fois

    (parfois deux d'un coup, mais je suis une lacrymale facile)

    une larme à la fois, un espoir après l'autre


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