• "Jouer au papa et à l'amant"

    Nancy Huston.


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  • "L'amour vous donnait des ailes pour vous scier les jambes, ça ne valait donc pas trop le coup. Beaucoup moins le coup qu'un Cric hydraulique 10 tonnes, par exemple. En gros, avec l'amour, si vous n'aimiez pas quelqu'un, il restait, et si vous aimiez quelqu'un, il s'en allait. Un système simple, sans surprise, qui engendrait immanquablement un grand ennui ou une catastrophe. Tout cela pour vingt jours d'émerveillement, non, ça ne valait pas le coup.
    L'amour qui dure, l'amour qui fonde, l'amour qui fortifie, anoblit, sanctifie, épure et répare, enfin tout ce qu'on s'imagine sur l'amour avant d'avoir vraiment essayé de se servir du truc, c'était une foutaise."
    P. 53

     

    "[...] car le rien est toujours plus simple que le quelque chose. Plus triste aussi, mais plus simple."
    p. 216

    Dédicace à toi, mon petit lacrymophile. Je t'aime, quoiqu'il advienne.
    Bien sûr qu'on va les passer ensemble, toutes ces années qui viennent.
    Est-ce que tu penses vraiment que je vais les laisser te faire disparaître de ma vie ?

     

    "Un peu après Grenoble, la montagne disparut brusquement. On entrait dans les terres ouvertes et, après une demi-année passée dans les Alpes, Camille eut l'impression que des pans de mur s'effondraient de toutes parts, qu'elle perdait brutalement ses appuis et ses repères. Dans le rétroviseur, elle regarda s'éloigner ce barrage protecteur, avec la sensation de pénétrer dans un monde béant, dépourvu de toute espèce de cadre, où les menaces et les comportements n'étaient plus prévisibles, pas même le sien. Il lui semblait qu'elle n'était plus étayée par rien de solide. Dès son arrivée à Tiennes, elle appellerait le Canadien. la voix de Lawrence lui rappellerait l'enserrement réconfortant des montagnes.
    Tout cela pour une plaine. Elle jeta un coup d'oeil vers Soliman et le Veilleux. Le berger fixait d'une mine maussade cette étendue sans grandeur et sans limites, qui le dépouillait du soutien de toute une vie.
    - C'est plat, hein ? dit Camille."
    P. 225

    C'est une sensation affreuse, je m'y suis retrouvée.
    Comme je n'aime pas sortir de mes montagnes !
    C'est à la fois un cocon et un soutien incroyable.

     

    L'homme à l'envers.

    Image : Adieu et à demain

     

    Un autre livre de Fred Vargas, tout aussi touchant que le premier.
    Je pense que je vais vraiment tous les lire.


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  • "What i am at war with ? My cancer. And what is my cancer ? My cancer is me. The tumors are made of me.
    They're made of me as surely as my brain and my heart are made of me.
    It is a civil war, Hazel Grace, with a predetermined winner."

    P. 216

    TFIOS

    Présentement, ce sera un mardi.
    Un mardi glacial, pluvieux, salé.
    Mouchardé de vieux souvenirs
    collants
    collés aux doigts et aux pensées.

    J'imagine que ces journées-là on a mal au crâne.
    Que le reste du monde peut aller se faire voir.
    Qu'on se recroqueville, que l'on abandonne,
    un moment, un bout de soi.

    Peut-être.

     

    Sauf que je ne m'habillerai pas en noir.
    Je ne dessinerai ni bougies ni croix
    - ni sourires.
    Je sourirai plutôt;
    je chanterai des baleines.

    Je croiserai ma mère éclatée,
    en petits morceaux d'enfance.
    Je ne crois pas à son sourire,
    et l'embrasser me fera mal.

     

    Il y aura de la musique,
    un chevalet et sa photo dessus.

    Pas d'enterrement - non.
    Pas pour lui.

     

    Peut-être bien qu'on allumera des bougies
    pour faire sécher nos corps,
    sécher nos joues.

    Pour réchauffer nos mains et nos coeurs.

     

    "Le jour des 44 fois, tu étais donc tellement triste ?"
    St Exupéry.


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