• J'ai des remords qui me rongent les doigts
                                   me mordent la peau
                                   me griffent le coeur
    qui, réveillés, déclenchent étincelle par étincelle
                                   de douleur,
    jusqu'à enflammer le brasier de mes peurs;
                                   et alors !
    La respiration se coupe, les épaules se voûtent,
                                                          s'enchaînent
                                                          on encaisse,
    uppercut après uppercut de tendresse;
    les bras se referment ou
                s'esquivent
                frêles,
                frêles,
    ô bien trop frêles pour résister
    à la marée vomissante hurlant
    de douleur de douleur ô de remords !
    De remords sans fin et de regrets en feu
    dont l'empreinte noircie brûle et brûle toujours mes heures;
    ô, les remords, les remords sans pitié, les regrets sans merci,
    qui, à ton solde, à ton compte se sont accouplés
    pour transformer mon corps en un champ de bataille,
    où l'alcool vainqueur sacrifie ses soldats
    tactiquement, une à une ou trois par trois,
    font que les cicatrices se défilent, se débinent,
                                      et dansent sur mes bras.


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  • << [...], je ne veux pas m'asseoir et me taire. Comment rester sagement assise alors que je voudrais passer mon temps à crier ? Mes parents disent qu'ils ne comprennent pas. En moi, la moindre révolte est prête à prendre des dimensions cataclysmiques. Mais tout reste noué à l'intérieur. Si je baisse la garde quelques secondes, je repense à la maison, au moment où je rentrerai tout à l'heure, aux disputes entre papa et maman. Alors je me referme, garde ma forme solide, et la pointe de mon feutre s'écrase encore plus fort contre le papier blanc.

    Les boutons, les règles, tous ces trucs-là c'est que dalle. C'est le reste qui fait mal. Où aller quand rien de tout ce qu'on a connu ne s'emboîte plus et reste là, comme des souvenirs qui s'entrechoquent ?

    Chaque matin, quand je sors de chez moi pour venir en cours, il ne reste plus que de la colère. Contre moi, contre les autres, contre la vie. Le moindre murmure provoque des ondes de choc irrémédiables. Et c'est plus fort que moi, je le jure : au contact des autres, quand j'ouvre la bouche c'est la colère qui parle, et quand je lève la main c'est la colère qui frappe. C'est la colère tout le temps, qui décide, qui agit. Et c'est la peine ensuite, qui endort les dégâts.

    Je m'appelle Lola, et c'est à peu près tout ce qu'il y a à savoir. À peu près au moment où les choses ont commencé à mal tourner entre mes parents, j'ai découvert sur internet que mon prénom vient de l'espagnol Dolores, qui signifie "douleur". La mauvaise graine dans la mauvaise terre, la mauvaise fille pour les mauvais parents. >> (p. 20)

     

    << Je me tais, gère les mots au compte-goutte. En moi, les silences ont élaboré leur propre phonétique, mon mutisme a donné lieu à une grammaire nouvelle, faite d'espaces et de vacuités, une orthographe stérile. Je prononce des vides, j'articule des blancs. Et mes échanges avec les autres se construisent comme ça, entre les lignes que je ne dis pas. >> (p. 38-39)

     

    << [...] quand je ferme les yeux ma respiration s'accélère, et mon coeur bat plus fort. Alors je me redresse, je passe ma nuit à ça, tenter de trouver un moyen de plier sans me rompre. >> (p. 77)

     

    Ces trois citation proviennent d'un livre d'Antoine Dole, Ce qui ne nous tue pas.
    C'est un livre absolument magnifique. Je crois, sincèrement, un des plus beaux que j'ai lu depuis longtemps. Un de ceux dont je me suis retrouvée dans chaque page, chaque phrase, chaque ligne, chaque mot presque. Je les ai lus et relus, mais je n'en garde qu'une seule conclusion : j'ai vécu ce livre, et j'ai vibré à l'unisson de chacune de ses lettres, comme un écho, comme un miroir, comme si ce que je m'efforçais de me cacher depuis six mois éclatait soudainement sous mes yeux. Ma vie dans un livre.
    Un livre touchant. Fragile.


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  •  

    J'ai mal au coeur,
          mal à la société.
          marre de mes ardeurs,
          de mes envies débridées.
    Mes besoins d'amour qui ne font que briller,
                                   qui époussettent mon corps,
    le désinfectant des regards à reluquer,
    amour, que tu es lâche, au travers des détours des rues,
    les autobus, tu les harnaches,
    pour te présenter, beau prince,
    avec dans une main le numéro du plaisir,
            dans ta bouche mille femmes violées,
    et dans ta conscience une ombre
                                     un poème envolé,
    même pas un remord.

    Amour, tu le savais et tu es mort.
    Qui t'a dit que les autobus étaient sans arrêts ?

    ~


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