• Tu sais, il y a des jours où on n'a pas envie de se rebeller.


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  • Il y a un parc rempli de bancs et d'herbe mouillée,
    Un temple étrange où le temps semble s'être arrêté,
    Une lumière éclatante, des nuages lourds et fermés,
    Et les minutes qui filent.

    Il y a le lac et les montagnes qui nous surveillent,
    Quelques rayons qui réchauffent, un coin de soleil,
    Un endroit à nous, à nous seuls, à nul autre pareil,
    Et les heures qui défilent.

    Il y a aussi, et c'est là que repose la magie
    Cet homme, qui à mes côtés s'est assis.
    Il a changé, il a grandi, et mûri aussi,
    Mais il est toujours aussi fragile.

     

    Il y a son épaule sur laquelle ma tête s'est posée,
    Il y a sa main qui sur la mienne s'est fermée,
    Et ses yeux posés sur moi.

    Il y a mon coeur qui bat plus vite et plus fort,
    Il y a mon regard qui cherche le sien encore,
    Et mes résolutions qui se noient.

    Il y a quelque chose qui flotte dans l'air,
    Peut-être un parfum de thym ou de bruyère,
    Comme un petit bout de toi..

     

    J'étais là, allongée à tes côtés,
    Avec le coeur gonflé de questions à poser.
    Et toi, tu étais là, à me regarder...

     

    Je ne sais pas si je veux continuer à te raconter tout ça.
    Ces souvenirs, j'aimerai les garder en-dedans de moi..
    Les garder pour toujours, comme un cadeau précieux,
    Dès que j'y repense, j'ai des étoiles dans les yeux !

    Quand je pense à toi, j'ai le coeur qui se dilate,
    J'ai l'impression de ne plus toucher terre, d'être dans les vapes,
    De partir avec toi revivre ces après-midi d'été,
    De te trouver tout à coup juste là à mes côtés...

    Mais quand j'ouvre les yeux, le monde réel réapparaît,
    Ton image s'en va, l'herbe mouillée disparaît,
    Et comme les heures passées ne reviennent jamais,
    Déjà j'ai envie de retourner te retrouver...

    Le temple thaï...


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  • J'ai croisé hier soir, dans le métro de Paris,
    Au fond d'un couloir souterrain, aux murs suintants et gris,
    Un SDF qui faisait la manche, quémandant de l'argent,
    Au fond de son gobelet, quelques centimes à peine et quelques francs.

    Que faire ? Lui donner moi aussi de l'argent ? Mais combien ?
    J'ai peur de donner trop peu, de donner trop, ou de ne donner rien.
    J'aimerai lui offrir mon empathie, et ma compassion,
    Mais à quoi pourraient bien lui servir mes stupides émotions ?

    Alors, comme tous les autres, je passe devant lui,
    Les yeux baissés, le cœur déchiré par la culpabilité.
    Mais que puis-je faire ? Si je me mettais à l'aider,
    Pourquoi n'aiderais-je pas les autres qui sont comme lui ?

    Et en passant il me regarde d'un air implorant,
    Me tendant sa pancarte, me disant qu'il a trois enfants;
    J'ai alors envie de courir, de m'enfuir, de l'effacer de ma mémoire !
    Je me sens si mal ! De ne rien faire, et de l'abandonner seul dans ce couloir !

    Je détourne la tête, me cache derrière mes cheveux.
    La culpabilité me blesse, j'ai mal pour lui, et honte pour moi.
    Je ne suis pas capable d'aider ceux qui ont faim, ni ceux qui ont froid.
    Je ne suis qu'une égoïste cachée derrière un sourire chaleureux...


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  • Les larmes roulent et dévalent ses joues
    Rejoignant ce carré de tissu mouillé
    Qu'elle tient serré, posé sur ses genoux.
    Même le ciel déborde de gouttes d'eau salée.

    La tristesse a surgi trop soudainement
    Pour qu'elle ait eu le temps d'y faire face.
    Elle s'est assise, dans la rue, sur un banc,
    D'où elle aperçoit la tour Montparnasse.

    Cette femme qui pleure dans un bout de Paris,
    Pourrait être ma soeur, ta femme ou notre tante.
    Sais-tu alors qui elle est, et ce qu'elle fait ici ?
    À s'enfoncer, seule, dans cette tristesse béante ?

    Non, et lorsque tu l'as croisée, -parce que oui,
    Cette ombre que tu as aperçue sous la pluie,
    C'était bien elle, notre triste inconnue aux yeux noirs-
    Lorsque tu l'as croisée, tu ne lui a pas accordé un regard.

    Tu as continué à marcher, l'ignorant avec superbe;
    Sans la voir, ni lui parler, tu marchais d'un air acerbe.
    Et si même toi tu fais comme si elle n'existait pas
    Qui sèchera ses pleurs ? Et qui la consolera ?

    Parce que cette femme, trempée par la pluie,
    Elle porte sur ses épaules le poids du deuil et du malheur.
    Et si demain c'est toi qui t'effondre sur un trottoir de Paris,
    Crois-tu qu'elle s'arrêtera pour éponger tes pleurs ?

    Flamme trempée.


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