• Je veux briser le carcan de mots qui m'étouffe,
    Je veux renaître une nouvelle fois.
    Je veux lacérer le corset de conventions qui m'enserre,
    Je veux mourir une seconde fois.
    Je veux faire pousser des coquelicots sur le bitume,
    Et devenir moi aussi une fleur des macadams,
    Je veux ne plus jamais poser ma plume,
    Et m'étouffer jusqu'à faire saigner mon âme.
    Je veux toucher le ciel de mes mots,
    Sombrer en heurtant le fond des sentiments,
    Couler en comprenant qu'il n'y a plus d'émotions,
    Et pleurer en voyant encore gicler le sang.
    Je veux mourir car mourir n'est plus la fin,
    Je veux partir, ne plus sourire au lendemain,
    Je veux séduire l'homme en noir au sourire ténébreux,
    Je veux goûter, et brûler aux flammes de ses yeux.
    Je veux cesser de me comporter en parfaite inconnue,
    Accueillir le monde entier en mon sein,
    Je veux être blessée par l'immondice de ces humains,
    Souffrir de n'être plus protégé par l'anonymat,
    Mais rire, et ne rire plus que de moi.
    Je veux arrêter de penser à tout ça,
    Arrêter de remuer toute cette vase inutile,
    Arrêter de ne me concentrer que sur moi
    Et cesser cette vie arrogante et si vile.
    Je veux pourvoir chanter la nuit,
    Et la décrire en un seul geste,
    Je veux pouvoir crier l'aurore,
    Et pleurer la pluie en oubliant de l'arroser.
    Je veux pleurer jusqu'à ce que mort s'ensuive,
    Et partir là où personne ne part.
    Je veux devenir la neige, me transformer en givre,
    Et partir là où plus personne ne part...


    10 commentaires
  • Être un nuage qui crie sa vérité au vent,
    Avoir une bassine qui chante comme un feu.
    Être un arbre exilé, avoir un océan,
    Être l'ennemie du bien, devenir le mieux.

    Avoir des tas de coquelicots dans les cheveux,
    Être une vague, rentrer dans une montagne.
    Avoir des billes colorées plein les yeux,
    Être une vahinée, porter un pagne.

    Être ou avoir, telle est la question,
    Question sans fin de notre civilisation,
    Question sans réponse, et sans fondements,
    Question sans raison, et sans les dents.

    Rien n'a de sens,
    et le tout ne vaut rien,
    Et dans n'importe quel sens,
    et n'importe quel vaurien,

    Pourrait d'un coup, comme ça, réapparaître,
    Portant sur ses ailes les coups de hache des murs gris.
    Et puis apprendre, d'un jour à l'autre, à renaître,
    Vous ai-je déjà dit que la vie n'est pas finie ?

    Rien n'a de sens, je vous l'ai dit,
    Mais vous ai-je parlé des couleurs ?
    La couleur de la mort, et celle de la vie,
    La couleur du temps, et celle de l'heure ?

    Les souillures colorées qui hantent les murs, moi je les ai vues en vrai...

    Un vent de folie jouait sur la planète,

    Les mots s'affolent,
    Les phrases s'envolent.

    Plus rien n'a plus ni queue ni tête,

    Et les gens meurent,
    Et ils ont peur,

    Des oxymores que fabrique ma petite tête,

    Et ils ont mal
    Sous ces rafales

    De mots, jouant sous les mains du poète....


    votre commentaire
  • Un jour d'été ordinaire...                                      ...ou pas.
    Lourde chaleur, atmosphère sèche et étouffante.
    Sarouels, débardeurs, shorts, blouses bouffantes.
    Bataille d'eau, t-shirt devenu transparent,
    Cheveux qui dégoulinent, rires d'enfants.

    Regards complices, qui s'accrochent.
    Même relation que la moule et la roche.
    L'un solide, l'autre pas.
    L'une lucide, l'autre pas.

    Il est tard, les étoiles s'allument.
    Mimosas, lauriers, parfums que l'on hume.
    Lorsque, d'un coup, la musique commence.
    Alors, c'est le temps de la première danse.

    Une valse légère, un slow langoureux,
    Des regards complices devenus amoureux,
    Un soirée d'été douce comme de la soie.
    Une soirée de celles où on rêve qu'elle ne se finisse pas.

    Et puis vient le moment de la fête,
    Celui où le corps bouge sans l'accord de la tête.
    Le rythme augmente, le bruit éclate.
    Deuxième scène, troisième acte.

    Le corps ne bouge plus; il devient le son.
    En osmose avec la musique, il vibre à l'unisson.
    L'atmosphère est électrique, déchaînée;
    Les corps bougent plus vite, revitalisés.

    Puis retour aux chansons douces, trop douces peut-être.
    Echappatoire salutaire sous le grand hêtre.
    Elle est allongée, la tête sur ses genoux,
    Ici aussi, les mots deviennent doux.

    Surveillée par les étoiles naît une histoire d'amour;
    Une pauvre petite histoire qui de nuit voit le jour.
    Un premier baiser échangé, une promesse future,
    Une pauvre promesse plus tard mise au pied du mur...

    Mais pour l'instant, tout est merveilleux.
    Sous la voûte céleste, les yeux dans les yeux,
    "Je t'aime..." Pauvres petits z'amoureux !
    Il ne savent pas que la vie est plus dure quand on est deux !

    Puis l'heure du couvre-feu est là, déjà.
    Ultime embrassade avant de glisser dans d'autres bras.
    Ceux de Morphée cette fois, la nuit est avancée.
    Avec le lendemain viendra le temps de se retrouver....


    2 commentaires
  • Et la mer m'ouvrant ses bras d'écume,
    M'accueillit tendrement en son sein.
    Et lovée dans ces vagues dénuées d'amertume,
    Mes sentiments devinrent sereins...

    Et la neige m'ouvrant son manteau blanc,
    M'accueillit joyeusement parmi ses flocons.
    Et recouverte doucement par le tapis éclatant,
    Je finis par dompter mes émotions...

    Et le vent m'enveloppant dans une étreinte,
    M'accueillit chaudement parmi les siens.
    Et pourtant, ce fut une sournoise feinte,
    Car en tombant ne me raccrochait rien...

    Et la pluie m'ouvrant ses bras graciles,
    M'enveloppa de ses mains gracieuses.
    Et les perles qui coulaient de mes cils,
    Semblaient d'un coup la rendre heureuse...


    6 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires